Rechercher
  • Pascal Baril-Sabourin

La veille de la révolution électrique dans le transport ?

Lorsqu’on parle de gaz à effet de serre et de pollution atmosphérique, plusieurs images nous viennent en tête. On pense aux usines polluantes avec leurs cheminées, à la déforestation intensive ainsi qu’aux nombreux camions de marchandises que nous croisons sur nos routes. Parmi ces exemples, le transport est la cause la plus importante dans l'émission des GES. Uniquement dans la MRC de Maskinongé, on estime à 49% l’impact du transport dans la création de ces émissions. Ensuite, on retrouve l’agriculture (28%), les industries (11%), le résidentiel (8%) et l’enfouissement des déchets (3%).[1] Dans cet article, nous allons regarder quels impacts le déplacement des véhicules à essence a sur l’environnement ainsi que sur notre santé. Les thèmes seront la hausse des gaz à effet de serre, l’impact que cette pollution a sur les soins de santé et des pistes de solutions qui sont disponibles.


Hausse des GES dans le transport

La hausse des gaz à effet de serre ne touche pas tous les secteurs du transport. On assiste à une certaine diminution dans les émissions dans les secteurs maritimes et aériens, ce n’est pas le cas des véhicules terrestres. Sa hausse n’est pas à négliger. Entre 1990 et 2016, les GES ont connu une hausse de 22% uniquement pour ce type de transport.[2] « L’accroissement du parc automobile, l’augmentation de la puissance, du poids et des accessoires des véhicules ainsi que l’augmentation du kilométrage parcouru sont directement responsables de l’importante hausse observée dans le secteur des transports depuis 1990 »[3]. Nous avons à affronter plusieurs défis pour tenter de renverser la tendance. Par exemple, les automobiles sont délaissées au profit de l’achat de camionnettes et des VUS qui sont plus lourds et plus puissants, alors plus polluants. La pression sociale et la facilité d’acquérir ce type de modèle font en sorte que les gens veulent faire comme les autres et acheter de quoi de plus gros.[4]



Pour briser la roue, il faut conscientiser les gens à l’impact que ces choix peuvent avoir sur l’environnement. De quelle manière ? On doit trouver des façons de faciliter l’accès aux bornes électriques. En agrandissant le réseau de bornes de recharge, les acheteurs vont pouvoir se sentir plus en sécurité et plus libre dans leurs déplacements. Également, avec une batterie qui devient avec de plus en plus autonome, ils n’auront plus le frein de ne pas acheter parce qu’ils ont peur de rester en panne. Autre chose, on doit faciliter l’achat de véhicules électriques qui sont souvent plus onéreux que ceux à essence. En 2017, le gouvernement provincial visait 100 000 voitures électriques dans le parc automobile qui compte 4,6 millions de véhicules. En plus, on arrive à ajouter 100 000 nouveaux camions légers à chaque année dans le réseau.[5] Il faudra être plus agressif pour prendre position pour arriver à diminuer les émissions sur ce secteur.


L’impact du transport sur la santé des gens

Parmi les polluants atmosphériques que l’on retrouve dans l’air de la MRC, le transport produit 84.6% du dioxyde d’azote (NO2) total ainsi que 75,7% du monoxyde de carbone (CO) total dans l’air de la MRC de Maskinongé.[6] Il occupe une pointe de tarte importante dans l’empreinte écologique, alors il est important de bien analyser et de démontrer à quel point des changements doivent être faits dans ce secteur d’activité.



Bien sûr, on ne peut pas passer sous silence les effets que les changements climatiques ont sur la santé humaine. Bien que ces conséquences ne soient pas directement reliées au fait que le parc automobile augmente sans cesse, mais leurs gaz à effet de serre sont à la base même de ces finalités. Par exemple lorsqu’on parle d’inondations, d’incendie de forêt, de canicule, de sécheresses, de pénuries d’eau potable, etc., ils deviennent de plus en plus extrêmes et ils continuent à s’intensifier avec les années.[7] Hélas, il n’est pas rare qu’on associe quelques décès dus à ces événements. Par exemple, les personnes souffrant de maladies chroniques (insuffisance respiratoire, maladies cardiovasculaires, etc.) sont plus perceptibles d’être touché plus durement durant des canicules, on assistera à une hausse de la contamination de l’eau et des aliments avec les inondations, à une hausse des prix sur les produits alimentaires de base due à la sécheresse ou à l’augmentation des maladies transmisses par les animaux avec la rage ou la maladie de Lyme.[8] Tous ces exemples ne sont qu’une partie des problèmes envisagés.


Un peu d’espoir

Comme mentionné dans mon précédent blogue[9], des programmes gouvernementaux vont ériger des bornes électriques un peu partout dans la province dont neuf dans la MRC de Maskinongé. Ces initiatives permettent d’améliorer le circuit électrique dans les transports. Également, il y a le Plan d’action en électrification des transports 2015-2020. Il a comme objectif d’augmenter à 100 000 véhicules électriques et hybrides rechargeables ainsi que de diminuer de 150 000 tonnes les émissions annuelles de GES. Aussi, le gouvernement du Québec offre des rabais à l’achat ou à la location d’une automobile uniquement électrique aux particuliers, entreprises et municipalités du Québec. D’autres programmes ou initiatives sont mis en place pour aider à trouver des solutions dans le transport de marchandises, l’installation de borne, des exclusivités ou gratuités pour les propriétaires de « plaques vertes », etc.[10] Les compagnies de transport aussi font des efforts pour diminuer leur impact environnemental. La Commission scolaire Chemin-du-Roy a demandé à ses transporteurs d’acheter au moins un autobus électrique de la compagnie Lion.[11] Avec la hausse du pourcentage de véhicules électriques sur nos routes, on doit espérer à avoir une hausse dans les services touchant à ce domaine. Le 3 septembre 2019, Trois-Rivières a accueilli les ministres responsables du Plan d’électrification des transports et changements climatiques dans leur grande tournée des régions. Son objectif est de réduire de 37,5% l’émission des gaz à effet de serre d’ici 2030. »[12] Grâce à ces gestes, on pourra diminuer grandement les émissions de gaz carbonique et de méthane et améliorer la santé des collectivités !

[1] https://www.sadcmaskinonge.qc.ca/wp-content/uploads/2019/01/DL-PDD-CAR-IVT-PRO-Inventaire-GES_MRC_Maskinong%C3%A9_2016_v.finale.pdf , page 51 [2] http://mddelcc.gouv.qc.ca/changements/ges/2016/inventaire1990-2016.pdf page 21 [3] https://www.gaiapresse.ca/2018/11/hausse-emissions-de-ges-quebec-faute-aux-transports/ [4] https://www.ledevoir.com/societe/transports-urbanisme/511022/l-auto-quebecoise-decodee [5] Idem. [6] https://www.sadcmaskinonge.qc.ca/wp-content/uploads/2018/04/dl-pdd-sen-cmt-pa-phase1-bilan4_u171003093304.pdf , page 29 [7] https://equiterre.org/fiche/transport-environnement-et-sante-publique [8] https://www.quebec.ca/sante/conseils-et-prevention/sante-et-environnement/effets-des-changements-climatiques-sur-la-sante/ [9] https://www.maski.quebec/blogue/electrification-transports-quebec/ [10] https://www.transports.gouv.qc.ca/fr/ministere/role_ministere/electrification/Pages/electrification.aspx [11] https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1278250/autobus-scolaires-100-electrique-trois-rivieres [12] https://www.lenouvelliste.ca/affaires/leconomie-et-lenvironnement-a-la-meme-table-5bfd7ece109cefc00e5c9d35cd3c181f

0 vue0 commentaire

Posts récents

Voir tout